À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la préfecture de la Charente vous invite à découvrir la nouvelle édition de l’exposition Portraits de femmes : 16 parcours inspirants en Charente.
Après une première édition consacrée à des trajectoires remarquables, nous mettons cette année à l’honneur une nouvelle génération de talents.
Seize femmes, seize histoires, seize façons d’oser.
Viticultrice, sapeuse-pompière, cheffe cuisinière, maître de chai, athlète, entrepreneure, engagée dans la vie locale ou en pleine ascension professionnelle : elles ont en commun l’énergie, l’audace et le goût du travail bien fait.
Toutes contribuent, chacune dans leur domaine, au dynamisme et au rayonnement de la Charente, ici et bien au-delà.
Installés sur les grilles de la préfecture et de la cité administrative, ces portraits invitent à la rencontre. Cette édition 2026 fait une place particulière à la jeunesse. Parce que l’égalité se construit dès aujourd’hui. Parce que les ambitions n’attendent pas le nombre des années. Et parce que ces parcours rappellent, avec simplicité, que le talent n’a ni âge ni frontière.
Que cette exposition soit une invitation à regarder autrement, à encourager, à transmettre. Et à continuer, ensemble, à faire avancer l’égalité en Charente.
Isabelle Leydier-Delavallade, agricultrice, présidente du CETEF
Il faut avoir du courage !
Femme d’action et de challenges, Isabelle Leydier-Delavallade en sourit mais il est vrai qu’on pourrait noircir des pages à égrener tous les engagements, les projets et les voyages entrepris par cette agricultrice atypique – sans compter les honneurs qu’elle a reçus, comme la médaille de chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2012. Née en 1958 à La Rochefoucauld, mère de deux fils et grand-mère de bientôt quatre petits-enfants, elle s’est installée à Marillac-le-Franc sur les terres familiales en 1981. D’abord comme éleveuse de moutons, puis de vaches Highland et de Salers et enfin de lamas et alpagas. « Je peux vous dire qu’il m’a fallu de l’énergie pour faire bouger les lignes », s’exclame celle qui se décrit comme « jamais vraiment rassasiée ». Ascensions en Bolivie, Argentine, Pérou, en passant par les sommets africains ou himalayens : Isabelle Leydier-Delavallade a aussi multiplié les voyages et les rencontres dans les années 1990 à 2010, tout autant que les projets.
En 2010, elle engage son exploitation dans l’agriculture biologique et s’impose comme l’une des pionnières du photovoltaïque en Charente, faisant pâturer ses moutons sous les panneaux. « Ce qui m’intéresse, c’est tout ce qui nous lie au vivant », résume-t-elle. Ses animaux — qu’elle élève « à l’herbe, rien qu’à l’herbe » — autant que les forêts, pour lesquelles elle défend, en tant que présidente du CETEF (1) depuis 2015, une gestion raisonnée et respectueuse de la biodiversité. Engagée également sur le plan social, elle soutient le travail des personnes en situation de handicap, notamment au sein de sa ferme, et a présidé l’Union européenne des femmes (section régionale Aquitaine) de 2023 à 2025. « En tant que femme, on ne peut pas rester indifférente au sort des femmes dans le monde », affirme-t-elle. Et son sort à elle, dans la campagne charentaise ? « Pour ma génération, s’installer en tant qu’agricultrice était compliqué, raconte-t-elle. À 23 ans, on m’a refusé l’aide à l’installation sous prétexte que mon mari pouvait m’entretenir… Je me suis battue pour que l’on me l’accorde. Aujourd’hui, les choses ont évolué mais le regard de certains hommes sur les femmes n’a pas changé. Dans le milieu agricole, une femme doit avoir dix fois plus de cordes à son arc pour exister. » De cette expérience, Isabelle Leydier-Delavallade a tiré un leitmotiv qu’elle adresse, avec malice, aux jeunes femmes : « Il faut en avoir… je parle du courage bien sûr ! ».
(1) Centre d’Étude Technique Environnemental et Forestier


